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Cette année-là, un TFC-PSG…

C’était en 2007. Oui, bon… Ce n’était ni en janvier, ni en demi-finale de Coupe de la Ligue, ni même à Paris. C’était un 28 avril, et le TFC accueillait le PSG au Stadium, pour le compte de la 34e journée de championnat. Il faisait beau, la pelouse sentait bon le sable chaud, et les Parisiens de Paul Le Guen luttaient pour le maintien avec Luyindula et Sammy Traoré titulaires, et Marcelo Gallardo sur le banc. Une autre époque.

Contexte. Nous sommes en pleine saison 2006-2007, la première d’Elie Baup à la tête du TFC. Le coach à la casquette, né à Saint-Gaudens, ancien portier de l’OM (Olympique Mazamet) et champion de France 1999 avec Bordeaux, a succédé au formateur Erick Mombaerts, qui avait repris les « pitchouns » en National cinq ans plus tôt. Pour sa première expérience toulousaine, Baup récupère des objectifs revus à la baisse, avec en ligne de mire la traditionnelle fourchette « entre la 8e et la 12e place ». La première partie du championnat est moyenne pour les Violets, malgré un excellent début de saison, et le club bascule à la trêve en 12e position, avec 24 points. La suite sera fantastique. Au moment de recevoir Paris, Toulouse est tout simplement la meilleure équipe de la phase retour, avec 27 points en 14 matchs. Le futur champion Lyon est tombé au Stadium, tout comme son dauphin marseillais. Paris, qui de son côté lutte pour ne pas descendre, a été tenu en échec au Parc des Princes en janvier (0-0), pour le compte d’une rencontre reportée de la phase aller.

Le 28 avril 2007, 34e journée de L1, les hommes de Paul Le Guen, remplaçant de Guy « moustache » Lacombe après la trêve, se présentent au Stadium en restant sur une bonne série de 4 matchs sans défaite, dont 3 victoires. La dynamique est également très bonne pour le TFC, qui vient pourtant de s’incliner à Rennes : les Toulousains n’ont perdu que 2 fois sur leurs 10 dernières rencontres. Les deux équipes sont au complet, et le spectacle promet donc d’être au rendez-vous. Analysée à la lumière de l’ère qatarie, la compo parisienne prête pourtant à sourire. Devant Landreau, on retrouve ainsi des joueurs comme Sammy Traoré, Clément, Frau, Rothen, Luyindula ou encore Amara Diané. Baup peut lui compter sur une formation habituelle, enregistrant les retours d’Elmander en attaque, et de Mathieu à gauche de la défense. Douchez est bien entendu dans les buts, devant lui on retrouve le capitaine Arribagé et Congré dans l’axe, et Ebondo à droite. Nico Dieuze, le Brésilien aux six doigts Fabinho et Achille Emana forment le trio du milieu, tandis que Mansaré et Paulo César accompagnent le Suédois sur le front de l’attaque.

"Fodé Mansaré, un petit Messi", s'emportera Guy Roux

« C’est Messi ! », s’emportera Guy Roux

Jean-Luc Reichman donne le coup d’envoi du match, promesse d’une rencontre animée. Sous le Soleil et la chaleur printanière du Stadium, les Toulouains font le jeu. Rapidement, très rapidement même, les festivités commencent. On ne joue que depuis 8 minutes quand le feu-follet Fodé Mansaré fait virevolter ses grosses dreads jaunes, en même temps qu’il balade par ses dribbles incessants la défense parisienne. Un, deux, trois, quatre, cinq joueurs éliminés ! Mulumbu, Yepes, Clément, Rozehnal, Traoré : les « grenats Louis Vuitton » sont dépassés. Le public, les yeux écarquillés et le souffle coupé, retient sa respiration pour finalement gronder de plaisir quand, en bout de course et juste avant de s’effondrer, notre Guinéen préféré vient crucifier Landreau d’une miraculeuse frappe du droit enroulée à la Titi Henry. « Exploit énormissime, but de l’année… » Le commentateur s’enflamme. Guy Roux va un peu plus loin : « C’est Messi ! C’est un petit Messi, un petit Maradona ! »

L’euphorie est à peine retombée des travées, qu’un autre joueur africain va en raviver les braises. Achille Emana, récupérant un long ballon toulousain cafouillé par la défense parisienne, s’arrache, frappe une première fois sur Landreau puis récupère le cuir, l’extirpe d’une sortie en 6 mètres et, enfin, devant des supporters qu’on imagine sans mal abasourdis par tant de grâce footballistique, enchaîne avec un coup du foulard absolument génial. Quel but putain ! Hélas, un coup de sifflet venait de retentir. L’arbitre, ce sacripant, ce fils de flûte, ayant vu une sortie de but là où il n’y avait qu’une de ces actions de toute beauté où le temps suspend son vol.

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Las, le Camerounais revenait en 2013 sur cette merveille de geste et sur ce cruel fait de jeu, pour le magazine SoFoot :

Ce but méritait d’être dans les classements des meilleurs buts de la saison. Je ne sais même pas pourquoi il a été refusé. On m’a dit que j’étais hors-jeu puis on m’a donné d’autres raisons. Ça n’a jamais été éclairci. Personnellement, je n’ai jamais vu un but inscrit dans l’axe d’un coup du foulard.

Le génial était décidément du côté toulousain, n’en déplaise aux instances arbitrales – qui ne se rattraperont pas 9 ans plus tard en accordant un but à ces mêmes Parisiens suite à une sortie de balle, cette fois avérée. Consolons-nous en revisionnant les deux joyaux de Mansaré et Emana, avec les commentaires d’époque :

L’histoire du championnat retiendra bien évidemment qu’en ce 28 avril 2007, ce sont les Parisiens qui finiront par l’emporter, sur le lourd score de 3-1. Lourd pour le spectacle et la beauté du jeu, bafoué par une décision contestable. Lourd pour la suite de la saison ? Pas si sûr, quand on connaît la fin de championnat tonitruante des Toulousains et leur classement final ahurissant. Qui peut assurer qu’avec ce but somptueux, et sans le non moins joli tir lobé de Jérôme Rothen, le TFC aurait terminé sur le podium de la L1 ? Personne. Pas même Jean-Luc Reichman.

Jérôme Rothen a lui aussi marqué un superbe but au Stadium, ce jour-là.

Jérôme Rothen a lui aussi marqué un superbe but au Stadium, ce jour-là.

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