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S’il est un joueur passé par le TFC au destin aussi fluctuant que la coupe de cheveux de Paul Pogba ou les célébrations de buts de Paul Pogba, ou encore que les notes dans L’Équipe de Paul Pogba, c’est bien Emmanuel Rivière. Rendez-vous compte, en (à peine) plus de temps qu’il n’en faut à Pascal Dupraz pour boucler un tour d’honneur, le Martiniquais est passé de grand espoir de l’AS Saint-Étienne à pire transfert de l’histoire de la Premier League. Aujourd’hui prêté à Osasuna, Manu a connu Toulouse et Monaco – que le Tef vient de corriger au Stadium. L’occasion de revenir sur une carrière déjà bien remplie.

Si je ne devais garder qu’un seul souvenir d’Emmanuel Rivière sous le maillot violet, ce serait celui d’un soir de 2011 où le jeune chevelu venait justement de l’enfiler pour la première fois, avant de l’ôter juste après. Transporté par une immense joie, porté par tout un peuple. Violet. Ce soir-là, le 17 septembre plus précisément, Toulouse accueillait son plus proche voisin, et son plus fidèle ennemi : les Girondins de Bordeaux. Même les supporters les plus habitués des derbys de la Garonne se souviennent de cette 6e journée. Un match d’anthologie, une rencontre épique, une soirée de gala. Mieux : un des 30 matchs les plus fous de la Ligue 1 depuis 2000, selon France Football. Et au milieu a roucoulé notre Rivière.

Une célébration entrée dans la légende. [Photo: Manuel Blondeau/AOP.Press]

Une célébration entrée dans la légende. [Photo: Manuel Blondeau/AOP.Press]


Avant l’exploit, Toulouse a d’abord été mené 2-0 à a pause, sur un doublé de Diabaté (premier événement). Les joueurs d’Alain Casanova ont alors enclenché la machine à rêves. Tabanou sur pénalty puis Capoue d’une reprise « zlatanesque » ont égalisé en 7 minutes (52 et 59e), avant que les scénaristes s’emballent. Ancien Toulousain, Cédric Carrasso s’est rappelé aux bons souvenirs du Stadium et, en cette année de Coupe du Monde de rugby, s’en est allé plaquer sans vergogne notre pauvre Francky dans la surface. Carton rouge et second pénalty, que Tabanou a décidé de (re)frapper. Erreur : le gardien suppléant Keita a sorti la parade et empêché les Violets de toucher les 3 points. Mais voilà, il était écrit que ce TFC-Bordeaux serait magique. Et sur un de ses tout premiers ballons sous ses nouvelles couleurs, balancé presque de sa surface par Etienne Capoue, Emmanuel Rivière, transféré quelques jours plus tôt en provenance de Saint-Étienne, s’en est allé foudroyer les derniers espoirs girondins, et enflammer les travées du Stadium.

Pour revoir le but et revivre les frissons d’un derby de légende :


Un Derby de la Garonne renversant! par TOULOUSEFOOTBALLCLUB

Bref, l’idylle commençait bien. Mais vous connaissez la chanson (des Rita Mitsouko), les histoires d’amour finissent mal, en général. Et celle-là n’a pas dérogé à la règle. En 2011-2012, Manu Rivière joue 25 matchs supplémentaires avec le TFC, pour 4 autres (petits) buts. En concurrence avec le seul Umut Bulut, l’ancien-nommé-pour-le-Trophée-de-Meilleur-Espoir-de-L1 peine à s’imposer à la pointe de l’attaque toulousaine, étant même chahuté par le Norvégien Daniel Braaten. Le départ à l’intersaison de Bulut n’arrangera rien, car la saison 2011-2012 voit l’éclosion du futur phénomène offensif des Violets : Wissam Ben Yedder. Même s’il enchaîne les matchs (18) et les buts (4) lors de la phase aller, Rivière décide de quitter Toulouse lors de la trève hivernale – un peu dans l’indifférence générale. Il faut dire que Manu part pour la Ligue 2 et Monaco contre une somme rondelette (on parle de 4M€), qu’il est (bien) remplacé par Eden Ben Basat, goleador de Brest, et, surtout, qu’un autre poids lourd du club quitte les bords de la Garonne en ce mois de janvier 2013 : Moussa Sissoko.

Voilà donc Rivière en L2, et comme à son habitude, l’ancien Stéphanois va flamber pour ses débuts : pour son premier match, il marque et un délivre une passe décisive. La suite est plutôt bonne, avec au total 4 buts en 14 matchs dans l’anti-chambre de l’élite du foot français. De retour en L1, Rivière réalise un début de championnat tonitruant, et termine meilleur buteur du club de la Principauté avec 10 buts, devant Falcao et James Rodrigues (9 buts chacun). C’est aussi son meilleur total en L1, et tout cela dans la peau d’un attaquant remplaçant, car Manu Rivière n’aura disputé au final qu’un peu moins de 1800 minutes (30 matchs). C’est donc une belle saison, et une aubaine pour l’ASM, qui voit là l’opportunité rêvée pour revendre à profit un joueur acheté 18 mois plus tôt. Et en juillet 2014, le buteur signe un contrat longue durée avec Newcastle, pour près de 9 millions d’euros. Tout le monde est content… Non ?

Rivière à Newcastle : un flop ?

Rivière à Newcastle : un flop ?

Non, en effet. En tout cas pas le club de Moussa Sissoko, qui vient de réaliser le pire transfert de la saison en Premier League, selon le Daily Mail. Le Martiniquais se trouve en bonne compagnie dans ce classement publié fin mars 2013 : devant Mangala, Ferdinand et son ancien coéquipier Falcao. Il faut dire qu’en 17 rencontres, Emmanuel Rivière n’a marqué aucun but. Pire, les journalistes anglais reprochent au Français ses ratés, son incapacité chronique à se démarquer et la frustration qu’il provoque chez les fans de Newcastle qui voudraient plus de « jugeote » en attaque. Au final, Manu inscrira un seul petit but en 23 matchs, trop peu pour bousculer ce constat et les railleries qui vont avec. D’autant que l’année suivante est pire : en 2014-2015, Rivière ne joue que 3 matchs pour aucun but, et plonge avec son équipe, sans avoir pu l’aider, en seconde division…

Aujourd’hui, Emmanuel Rivière évolue en Espagne, à Osasuna, où Newcastle l’a prêté pour la saison. Pour le moment, en 4 matchs disputés, l’ancien Stéphanois, Toulousain et Monégasque n’a pas réussi à trouver le chemin des filets. Souhaitons-lui bonne chance, il en aura bien besoin.

Il y a le foot, fait de raison et d’oraisons, de belles victoires et de tristes sorts. Il y a le foot, bercé par le beau jeu et l’antijeu, tourmenté entre petites morts et grands exploits. Il y a le foot, et au milieu a coulé Emmanuel Rivière ?

2 Comments

  1. VanRooyinounet dit :

    J’ai quand même pris peur jusqu’au dernier paragraphe je n’avais pas relevé de jeux de mots foireux sur Emmanuel Rivière !

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