EAG Vs TFC, le supp d’en face
1 septembre 2018

Ce samedi notre TFC se rendait au Roudourou pour le compte de la quatrième journée de Ligue 1. Dans son histoire le Toulouse FC a gagné sur toutes les pelouses de France. Toutes ? Non, un village d’irréductibles gaulois (réfractaires) résiste encore et toujours aux violets. Cette fois c’est fait, l’EAG a craqué et Toulouse enchaîne une troisième victoire consécutive non sans avoir lutté.

Un peu de changement, beaucoup d’allant.

Moubandje suspendu c’est Issiaga Sylla qui le remplace au coup d’envoi à gauche de la défense. Avec un Bostock quant à lui blessé la veille de la rencontre, coach Casa avait deux options et explique son choix en conférence de presse d’après match : « Je pouvais aligner deux numéros 6 [Sangaré et Cahuzac] ou deux numéros 10. C’est cette dernière option que j’ai choisie car, je pensais que, face à cette équipe qui allait nous agresser, il fallait très bien tenir le ballon. » Durmaz se retrouve donc titulaire aux côtés de Manu Garcia. Au delà de la maîtrise technique offerte par cette solution c’est une formation ultra offensive que nous a concocté le coach téféciste. Le seul risque, voir deux blocs séparés par le manque d’un milieu relayeur. Que nenni, les joueurs de Casanova font fi d’une éventuelle déliquescence et proposent un jeu léché et abouti. (Cette phrase vous est offerte par l’amicale des mots désuets)

Un début de match tonitruant qui nous laisse croire qu’en secret le Toulouse FC a fait un stage à La Jonquère pendant la préparation estivale. Impossible de réussir autant de passes sans avoir pris exemple sur les meilleures en la matière. Ça combine dans tous les sens, ça va vite avec et sans ballon, ça dédouble dans les couloirs (en particulier à gauche), ça joue à une touche de balle et ça pue la sérénité.

Une efficacité presque cruelle nous permet même de mener deux – zéro après seulement douze minutes.

Deux fautes d’enfants et on serre les dents.

Si cette entame de match est parfaite aussi bien comptablement que dans le spectacle violet, ça va vite devenir beaucoup plus compliqué avec l’expulsion de Todibo à la vingt-sixième minute. Plus d’une heure à jouer en infériorité, on sait déjà, à ce moment là, que ça va être aussi invivable qu’un repas dans ta belle famille raciste. Une fois à dix, tous les plans de jeu de Casanova ont volé en éclats comme un vulgaire pont mal construit en Italie. Agressés par nos hôtes, les pitchouns ont du se sortir les doigts et faire preuve d’une solidarité exemplaire pour tenir le choc et compter sur un Reynet aussi solide sur les appuis qu’un Laurent Ournac avant opération.

Ce qui devait arriver arriva, l’EAG a fait trembler les filets juste avant la pause grâce à une tête de Thuram étrangement seul dans la surface (en fait pas vraiment seul mais seulement accompagné de deux autres bretons) et n’est pas passé loin de réitérer à la cinquante-troisième avec une frappe de Lucas Deaux aussi lourde que Pascal Praud, qui a laissé des marques sur la barre transversale.

Nos violets combattent, font les efforts et finissent par remporter cette rencontre sans qu’on arrive à revoir les offensifs faire autre chose que défendre pour leurs copains. Vous avez dit abnégation ?

Les notes.

Reynet : 7,5/10. Quel guerrier ! Vous aimiez Lafont, vous allez adorer Reynet. Juste sur toutes ses décisions il est devenu en peu de temps un cadre et un leader de cette équipe. Précis dans ses relances et efficace dans ses interventions, il ne lui reste plus qu’à travailler ses célébrations.

Amian : 4/10. Il a du mal a lancer sa saison et même s’il ne fait pas de grossières erreurs il est en dessous de l’équipe et de ce qu’il sait faire. Trop peu d’apport offensif et moins efficace dans le duel que ce qu’on avait vu chez lui quand il a été lancé.

Todibo : 3/10. Son deuxième jaune plombe ce qui reste comme le meilleur début de match du TFC depuis plusieurs années. Si on peut mettre ces erreurs sur le compte de la jeunesse il faut se souvenir que déjà contre Nîmes et Bordeaux avant il avait ainsi jouer avec le feu. Espérons que cette fois il aura appris et que Casa lui offrira l’occasion de le montrer.

Jullien : 7/10. Ça y est, il est vraiment de retour. Si Gradel porte très bien le brassard, Jullien joue à merveille son rôle de vice capitaine. Il devient patron et gomme petit à petit les errances de concentration qu’on lui attribuait. Même ses relances sont plus propres.

Sylla : 6/10. Propre en défense il est assez solide pour permettre à Gradel de briller dans le couloir sans avoir à (trop) se préoccuper des tâches défensives (jusqu’à l’exclusion de Todibo), dur sur l’homme sans être à la faute, il a progressé tactiquement et alterne maintenant dans ses relances en prenant souvent la bonne décision.

Sangaré : 7/10. Un monstre. Physiquement c’est transperçant et techniquement très propre. A chaque match il confirme qu’il deviendra sans doute l’un des tops milieux en France. Il perd un demi point pour son passage en défense centrale, qui n’est certes pas son poste, pendant lequel on encaisse ce but dans sa zone.

Durmaz : 6/10. Sobre après s’être un peu enflammé face à Nîmes, il n’a pas fait injure à son repositionnement. Il a gratté quelques ballons et a combiné facilement avec Garcia et Sangaré. Une arme de plus pour Casanova.

Garcia : 6,5/10. Quel joueur de ballon. A chaque fois qu’il touche la gonfle il peut se passer quelque chose, comme son ouverture millimétrée pour Gradel pour le 1-0. Il a moins éclaboussé que face au N.O mais à 11 contre 11 et vu le début de rencontre des violets on l’aurait sans doute plus vu.

Dossévi : 6/10. Pas d’erreur mais pas de fulgurance non plus. Un peu effacé, il reste précieux dans la conservation et les phases de transition en venant chercher les ballons assez bas. On sent qu’il peut monter en régime et qu’il sera une rampe de plus pour l’attaque toulousaine.

Gradel : 7,5/10. Boss. Le capitaine a parfaitement joué son rôle. D’abord en ouvrant le score, puis en sacrifiant ses phases d’attaque pour défendre en infériorité et enfin en prenant pour partie à son compte l’expulsion de Todibo en précisant que « le jeune n’avait pas assez été protégé ».

Leya Iseka : 5,5/10. On n’a malheureusement pas eu le temps de le mettre dans de bonnes conditions, il travaille néanmoins comme premier défenseur de cette équipe en gênant régulièrement les premières relances adverses. Dos au but sur les coups de pied ultra précis de Reynet il nous permet de gagner un temps précieux en fin de rencontre.

On ne va pas se mentir c’est bien la première fois que je ne regrette pas d’avoir été précoce. Sans ces deux buts inscrits très tôt on aurait eu du mal à avoir une érection efficace tant l’EAG nous a pressé après le deuxième jaune de Todibo. Mais les vingt-cinq premières minutes de ce match étaient surréalistes tant la maîtrise était grande et le spectacle excitant.

Forza Viola.

BiereGougnoux
BiereGougnoux
Apéro, Boobs, Football, gras et TFC, enquête exclusive vous plonge dans la vie de Bière-Gougnoux

1 Comment

  1. Jean-Mi dit :

    D’accord sur tout à quelques demi-points près.
    Les choix de Casa sont risqués et surprenants, mais s’avèrent tous payants. Lorsque l’on connaît le niveau physique de la L1 voir le TFC jouer plus vite que des adversaires et mettre à mal des équipes organisées est assez jouissif.
    Et Casa l’ultra frileux qui choisit Durmaz plutôt que Cahu me sidère. Cependant je me suis tellement embêté avec cet entraîneur jadis que je me dis que le naturel reviendra un jour au galop. Le plus tard possible espérons…Mais il reviendra… 🙂

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