TFC vs EAG, le supp’ d’en face
9 mars 2019

« Alors, t’as fait quoi c’week-end ? »

Nous avons tous un point commun, c’est la mine grise affichée le Lundi matin au boulot lors de la prise du 1er café d’une longue semaine. Et nous avons aussi tous ce même collègue, enjoué, venant te déconcentrer en plein mâchouillage de touillette avec cette question immuable : « Alors, t’as fait quoi c’week-end ? « .
C’est au milieu des commentaires sur le taux d’ensoleillement des 2 jours passés, du dernier inconnu éliminé de DALS ou de la lourdeur du rôti dominical, que le quotidien d’un supporter du Tèf diffère un peu. Voilà maintenant plusieurs années que j’ai hebdomadairement droit à mes habituels « Alors, contre qui vous avez perdu c’week-end ? », « Parait qu’le TéféCé s’est encore ridiculisé » ou plus récemment « T’es quand même allé au match ! Vous en avez pas marre de prendre des branlées ? » en remplacement de la sainte ritournelle.
Il faut faire preuve d’un aplomb certain pour répondre systématiquement « J’sais pas : je n’vais pas au stade pour voir du foot mais pour supporter le club de ma ville. Si j’veux mater un match y’a BeIN ». Parce que pour nous c’est ça supporter. Amener son support en supportant victoires, défaites et échecs. Parce que, dans 15 ans, les joueurs, entraineurs ou même dirigeants ne seront plus les mêmes. Ce qui sera encore là, ce sont les couleurs du club et les gens qui les portent quoi qu’il arrive.
Alors, même si on s’croise Lundi prochain ou dans une décennie, vous saurez déjà c’que j’ai fait c’week-end !

Match du Dimanche 15 heures, Acte XI. L’œil encore collé, le supporter du Tèf, toujours pas matinal mais résigné, avance fébrilement vers l’île du Ramier. Le pont est désert. Des bourrasques balayent la poussière des caniveaux. Les poteaux des candélabres sont bardés d’avis de recherche promettant de gros paquets de fans, non sans rappeler la mainstreet de Valentine…
A quelques heures du premier coup de feu initiateur de l’affrontement du jour, la peur s’est déjà installée. Une atmosphère macabre flotte autour su Stadium. La cause ? La venue de l’ogre breton pour un face-à-face à mort dans cette sempiternelle quête du maintien. La survie d’un club est en jeu et tous les moyens seront bons pour l’assurer. Chaque showdown restant sera une finale. Des places gratuites se retrouvent en libre-service à chaque entrée. Il se murmure même qu’un chasseur de prime venu de Chypre se serait joint à la résistance.

Les femmes et les enfants invités mis à l’abri dans la tribune Honneur, la bataille pouvait commencer. Abandonnée par sa direction, l’équipe dû faire face seule cette fois-ci, les supporters ayant choisi de rester en dehors cette histoire. Pour les vingt premières minutes tout du moins.
Mais alors que dire du reste de la rencontre ? Qu’importait l’issue, aussi positive qu’elle fut cette fois, le Kop avait déjà pris sa décision : les messages et les chants ne seraient pas pour soutenir les joueurs. L’heure était au règlement de comptes avec l’ensemble de l’encadrement « présent », du bord du terrain à la plus haute loge. L’appel restera une fois de plus sans réponse.

Finalement avec cette victoire dans un énième match de la peur, le Toulouse FC s’est à nouveau offert sa survie, de manière encore plus anonyme. Les demandes de changement, prise conscience ou démission n’empêcheront pas une présence de plus en Ligue 1 gagnée avec environ 40 points dans le holster. Les vaillants soldats qui l’accompagnaient tous les week-ends sont tombés comme des mouches et le virage va bientôt résonner comme un cimetière, lassés par tant de batailles menées sans but. La fin va être longue, très longue. Longue comme un mauvais western.

MNC
MNC
Rappeur 31 Toulouse - Supporter Virage Est BFS - @CapitoleFC - #ForzaTFC

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